Grève de 60
Mercredi 23 février 2011 sur ARTE Belgique
(Nouvelle diffusion le dimanche 27 février sur La Deux)
Hadja Lahbib, Patrick Delamalle et l’équipe de Quai des Belges a investi le Quai Louva à Seraing. L’OM (ancienne usine Ougrée-Marihaye), transformée en centre culturel, est en effet le décor de la pièce « Ce n’est pas parce qu’on n’a plus de beurre, qu’on en a oublié le goût » de Patrick Bebi, qui se joue dans le cadre du Festival de Liège, les 4, 5, et 6 février 2011. Ce « rendre compte » historique est réalisé dans le cadre de l’expo sur la grève de 60, et élaboré avec l’ESACT (Ecole supérieure d’Acteurs du Conservatoire royal de Liège). L’émission de ce soir sera entrecoupée d’extraits de la pièce.
Rendre compte d’un événement clé de l’histoire de la Belgique. Il y a cinquante ans. La Loi unique, ce plan d’austérité que le gouvernement de l’époque met en place. Vingt milliards d’économie (un salaire moyen est de six mille francs). Les services publics, les ACEC, Cockerill, le port d’Anvers, tout se fige. La rue déborde. La colère déborde. Les gens ne veulent pas payer une crise dont ils ne sont pas responsables. Manifestations dans tout le pays, la gendarmerie dans la rue, des morts, l’armée que l’on rapatrie d’Allemagne et qui occupe les points stratégiques du pays, la menace de l’arrêt total de l’outil. Le pays est au bord de l’insurrection. Cinq semaines qui vont ébranler le pays. La grève générale de l’hiver 60-61 ne sera ni une victoire, ni une défaite. Le gouvernement tombera. La Loi unique passera, plus tard, par morceaux. Cet événement est le témoignage d’une population qui ose dire non, qui refuse de payer une crise.
Au centre de cette émission également, le film documentaire de Jérôme Laffont et Daniel Petry, « André Renard, trois moments d’un parcours syndical », coproduit par le Gsara et la RTBF (52’). Film qui sera présenté en plusieurs séquences.
A travers le portrait d’André Renard, militant syndical et partisan de l’autonomie wallonne, ce documentaire est aussi le portrait d’une époque et d’une région, la région wallonne des années 50-60, de ses espoirs, de ses doutes, mais aussi de ses contradictions et de ses erreurs. Le documentaire s’articule autour des interviews de dirigeants syndicaux et politiques, flamands ou wallons, mais également de nombreux témoignages de travailleurs qui ont vécu la grève de 60. Comment l’ont-il vécue de chaque côté ? Comment ont-ils ressenti la montée des luttes ? Que retiennent-ils de cette expérience, 50 ans plus tard ?
Hadja Lahbib sera entourée de nombreux invités dans différents lieux. Des images d’actualité rappelleront les grandes batailles de Seraing, Cockerill et Arcelor…
- Dans la salle de spectacle de l’OM où tous se préparent et répètent, elle rencontrera Patrick Bebi, metteur en scène et quatre étudiants de la troupe : Fanny Allié, Hélène Van Dijk, Camille Grange et Renelde Pierlot. Pourquoi jouer une pièce sur la grande grève, 50 ans plus tard ? Nous verrons au cours de la soirée trois extraits de la pièce.
- Dans la première salle d’expo, entretien avec Jean-François Ramquet, secrétaire régional interprofessionnel de la FGTB. Discussion sur les luttes syndicales à travers la figure d’André Renard, les grèves de 60. Avec un premier extrait du film (10’) couvrant les années 1935 à 1950, sur l’utopie de l’unité et du plan industriel. Présence également de la guide Béatrice Cue qui promène les visiteurs dans l’exposition durant 90 minutes, dans un parcours ludique et didactique à travers les grands faits de l'histoire sociale et économique de notre pays, de 1830 à nos jours. Cette exposition interactive, accessible à tous, fait appel aux dernières technologies pour faire découvrir de manière spectaculaire les différentes facettes de cet important mouvement social.
- Dans la seconde salle d’expo consacrée aux grandes victoires syndicales, entretien avec Mateo Alaluf, docteur en sciences sociales et professeur ordinaire à l'Université libre de Bruxelles, spécialiste des questions relatives à l'emploi, à la qualification du travail et aux rapports entre formation et emploi. Présence également de Thierry Bodson, secrétaire général de l'Interrégionale wallonne de la FGTB. Avec un deuxième extrait du film (10’) consacré à la question royale, à la prise de conscience régionaliste.
- Dans la troisième salle d’expo, consacrée aux luttes syndicales après la guerre, toujours en présence de Mateo Alaluf et Thierry Bodson, lancement du troisième extrait du film (27’) qui aborde les grèves de 60.
- Dans la dernière salle d’expo, consacrée aux slogans d’aujourd’hui, Mateo Alaluf et Paul Delforge aborderont les réformes de structure et la naissance du Mouvement populaire wallon (MPW). Paul Delforge a de nombreuses activités. Il est entre autres responsable du Centre d’archives privées et de documentation de l’Institut Jules Destrée, coordinateur scientifique de l’Encyclopédie du Mouvement wallon et commissaire d’exposition.



